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Echanger d'une manière constructive différents avis et opinions sur le développement de la situation politique, économique et sociale sur la scène tunisienne.

Travail et bonheur

Publié le 7 Mai 2016 par Mounir Zalila in Tunisie: Politique et social

"Le travail c'est la santé", c'est comme cela que débute une chanson datant du milieu des années 60. Apparemment en Tunisie certains de nos concitoyens et ils sont nombreux, n'ont retenu, durant ces quatre dernières années, que la deuxième partie de cette assertion , celle faisant l'apologie de la paresse en avançant que rien faire c'est la conserver!

Et pourtant ceux qui ont un travail ne connaissent pas leur bonheur car en face deux, près d'un million de leurs concitoyens sont en attente, souvent depuis plus d'une année, du sésame leur permettant de devenir actif pour générer un revenu régulier.

La dilettante des premiers cités ne les a pas rendus, pour autant, plus heureux et les seconds sont dans la spirale du désespoir. La preuve nous sommes classés 98ème sur 157 pays, en 2016 dans l'indice de perception du bonheur livré par le World Happiness Record dans sa quatrième édition de mi-mars dernier. La Tunisie est en légère remontée comparée aux années précédentes : 2015, 107ème/158; 2013,104/156 et 2012, 87ème/104 . (Pas de publication en 2014).

En quoi consiste donc cet indice du bonheur, le bonheur étant par essence un sentiment à géométrie variable dont les critères ne se laissent pas, facilement, maîtrisés par la science.

A l'instar de l'indicateur économique du Produit intérieur brut (PIB), les auteurs tentent d'échafauder, statistiquement, une sorte de Bonheur intérieur brut (BIB). Malgré des écueils méthodologiques, les résultats se peaufinent d'année en année.

Six variables sont prises en considération dans cette perception du bonheur au sein d'une société : le PIB par personne, l'espérance de vie en bonne santé, le soutien social, la confiance, la liberté de faire des choix, et la générosité. En clair, le bonheur ne serait pas donc pas si subjectif qu'on le croit!

Mais comme au sein d'un même pays, des sous-groupes sociaux mentionnent des niveaux de bonheur très différents il est certain que le chômage, l'inactivité avec leurs influences résiduelles fortes sur le bonheur n'y sont pas étrangers. Pour preuve, des pays, sans les citer (il suffit de consulter le rapport en anglais: http://worldhappiness.report/wp-content/uploads/sites/2/2016/03/HR-V1_web.pdf), que l'on est loin d'imaginer nager en plein bonheur, sont classés mieux que notre pays.

Cependant toute société se fixant le bonheur comme but, la question qu'elle se pose est comment atteindre le nirvana, la question est également de savoir comment y arriver, ou tenter d'y arriver.

Ce n'est certainement pas en mettant de côté la valeur-travail car aujourd'hui nul n'est certain de pouvoir préserver son emploi, qu'il soit dans la fonction publique ou dans le secteur privé.

Lorsque l'on apprend par une récente étude, à prendre avec certaines réserves, qu'un fonctionnaire sur 5 travaille réellement alors que les quatre autres font de la figuration et que tous sont payés et qu'en moyenne un fonctionnaire n'est productif que huit petites minutes par jour laissent perplexe tout individu normalement constitué. Cette même étude indique que si l'on ramène le nombre d'emplois dans la fonction publique, autour de 600.000, à 1000 habitants l'on a, pour la Tunisie, un ratio de 5,45 soit plus du double de ce qu'il est en Suède par exemple, où ce nombre s'enregistre en décroissance a contrario de ce qui se passe dans notre pays avec, bien, évidemment, l'efficacité en moins.

Côté secteur privé un constat similaire au plan de l'efficience est également relevé. Alors que l'on travaille autour de 1600 heures annuellement dans les pays avancés nous sommes en Tunisie autour des 2000 heures soit pas loin de 50% de plus avec, toujours, la productivité et le bien-être en moins doublés de revendications multiples. Quand bien même elles seraient légitimes, si l'entreprise ne peut accéder, compte tenu du contexte environnant cela c'est l'initiative privée qui se trouve freinée dans notre pays.

Aussi pour améliorer cet accès recherché au bonheur pour tous il faudra bien sérieusement penser à se mettre ou plutôt à se remettre au travail.

Le fait que dans des pays l'on réfléchi à la réduction du temps de travail, tout en préservant le même salaire, ou a introduire plus de flexibilité et que l'on constate l'amélioration de la productivité associée à un accroissement de la capacité de création d'emplois ne manque pas de nous interpeler alors que nous sommes braqués sur le dilemme interminable revendications/négociations!

Une réflexion est plutôt à engager pour un "Job Act" réfléchi, consensuel et adapté à notre société!

Autrement un jour finira par arriver ou nul ne sera certain de se voir créditer de son salaire plein ou de sa pension en totalité en fin de mois.

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