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Echanger d'une manière constructive différents avis et opinions sur le développement de la situation politique, économique et sociale sur la scène tunisienne.

Davos c'est fini

Publié le 4 Février 2017 par Mounir Slila in Tunisie, Politique

C'est, du moins, le cas pour la 47ème session dans l'ordre de succession. de cette grande messe annuelle qu'est le Forum Economique Mondial (WEF) dont Jacques Attali disait, en 2009, qu'il "ne faut y voir rien de plus qu'une machine à café mondiale, où des gens se rencontrent, bavardent, se serrent la main, échangent des tuyaux et s'en vont."

De l'aveu même des responsables qui déclarent à propos de cette rencontre qu'elle "est souvent qualifiée de boutique de discussions même si les organisateurs font état d'une rencontre de travail par des douzaines de communautés différentes venant de différentes régions du monde".

Ainsi depuis 1971, des personnalités, dites influentes, se donnent rendez-vous chaque mois de janvier dans cette station des Alpes suisses.

Personnalités influentes? C'est à vérifier si les rencontres se limitent aux salamalecs et aux grandes tapes sur le dos.

Ils étaient 444 dirigeants d'entreprises européennes à prendre part au premier European Management Symposium, dont l'initiateur, un professeur d'économie de l'Université de Genève, Klaus Schwab, dans une perspective de familiarisation avec les pratiques de management en vigueur aux Etats-Unis.

Bien des choses ont évolué depuis. Rebaptisé World Economic Forum, en 1987 cette rencontre au sommet des Alpes ne s'intéresse plus seulement aux questions managériales. Elle a élargi son champ de vision aux questions économiques, sociales, environnementales et même à la résolution des conflits internationaux.

Pour cette édition les travaux du Forum se sont intéressés à la revitalisation de l’économie internationale, à la réforme du capitalisme, au réexamen de la coopération internationale et la préparation d’une quatrième révolution industrielle

Au-delà de leur déroulé, qui n'est pas l'objet de ce propos, un paradoxe et 10 résolutions peuvent être relevés. Le paradoxe est celui de voir les champions du libéralisme et de l'ouverture, les Etats-Unis en l'occurrence, prôner le repli sur soi avec les déclarations électorales et le discours de Donald Trump lors de son investiture qui s'oppose à celui du Président Chinois, invité d'honneur, venu défendre la globalisation alors que son pays était le chantre du protectionnisme économique et le pourfendeur du libre-échange..

L'on sent déjà poindre le malaise qui s'installe et l'horizon qui assombrit sur les relations économiques internationales. Nous serons fixés non pas dans les années mais dans les mois à venir.

Pour ce qui est des résolutions, deux se distinguent comme étant les plus concrètes. La première avec la création d'un Fonds par la Norvège de 400 millions de dollars afin de lutter contre la déforestation. et une seconde concerne l'emploi d'un million de personnes dans le monde arabe . Les huit autres sont des déclarations de principe et d'intentions entre autres sur la protection de l'environnement et le développement durable.

Autre résultat, ou plutôt constat, qui peut être fait: le profil même des participants a changé.

Invités au départ ils doivent aujourd'hui s'acquitter de frais de participation. Ainsi l'on peu aujourd'hui aussi bien y rencontre Leonardo Di Caprio (en 2016) que Rached Ghannouchi (en 2017) . Que Di Caprio veuille bien ne pas en prendre ombrage; aucun amalgame n'est intentionné.

Figuraient également parmi les présents à cette, édition, qui s'est tenue du 17 au 20 janvier dernier, notre président du Gouvernement qui lui était invité ainsi que la délégation l'accompagnant, qui comprenait Fadhel Abdelkafi, ministre du Développement, de l’Investissement et de la coopération internationale et Héla Cheikhrouhou, ministre de l’Energie, des mines et des énergies renouvelables . Paradoxalement on en sait plus sur la présence du Président de Ennahdha, flanqué de Lotfi Zitoun ( tous deux ont certainement dû s'acquitter des frais de participation de quelques 20.000 francs suisses par personne) que sur cette de Youssef Chahed..

Le Portail de la présidence du gouvernement, que ce soit dans sa version arabe que française n'en parle même pas. Tandis que sur le site d'Ennahdha, qui, lui, est à jour (ce qui n'est pas le cas pour la présidence du gouvernement) l'on est renvoyé au panel intitulé "Deux défis: La croissance et la sécurité" Un panel "riche" de deux personnalités, celle de Rached Ghannouchi et de Cissé Boubou, ministre malien de l'Economie et des Finances. Tous deux ont tenté d'apporter leurs vues sur ces deux préoccupations de tout investisseur.

Il n'est pas certain que Mr Ghannouchi soit le meilleur VRP pour les attirer dans notre pays. A son écoute les investisseurs hésitants vont certainement faire le choix définitif qui ne sera pas celui de la Tunisie En outre, dans un anglais, approximatif mis à part, son intervention (,https://www.weforum.org/events/world-economic-forum-annual-meeting-2017/sessions/the-twin-challenge-of-state-building-growth-and-security) était parsemée de répétitions et d'hésitations allant jusqu'à faire la confusion entre le Syndicat et les Chambres de Commerce en voulant parler du consensus entre le Syndicat. et le Patronat.

Quant à Youssef Chahed, pas grand-chose n'a filtré sur sa présence mis à part serrer des mains et donner des interviews. A ce propos son phrasé dans la langue de Shakespeare est d'un tout autre niveau que celui de Ghannouchi..

Alors au-delà de ces rencontres, sommes toutes protocolaires, entre responsables et si, comme annoncé, la participation officielle de la Tunisie au Forum de Davos était de promouvoir le site Tunisie en tant que site d’investissement. et de présenter des projets d’investissement qu'on nous fasse part de l'impact et retombées attendus de cette présence.

Du reste les participants à ce Forum n'étaient ils pas les mêmes, dans leur majorité, que ceux déjà présents à Tunisia 2020?

Si tel était le cas, ce qui est fort probable, pourquoi alors cette répétition d'une même démarche, qui risque de lasser et d'être contre productive. Une nouveauté dans notre argumentaire a-t-elle été introduite à cette occasion?

Qu'on nous le dise et sortons donc, une fois pour toute, des floues artistiques et des déclarations à l'emporte pièces qui ne retiennent plus l'attention de quiconque et qui ne font que confirmer les propos de Jacques Attali.

 

 

 

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